L’Ennéagramme : neuf façons de voir le monde et aucune d’avoir tout à fait raison
On connaît ce collègue qui répond à tout en trois minutes chrono, cette amie qui ne dit jamais non, ce cousin qui doit toujours avoir raison, cette connaissance qui veut absolument que tout soit bien fait. Et il y a aussi ce pote de longue date qui cherche à éviter les conflits, quitte à ne jamais dire ce qu’il pense. Ou cette cousine éloignée qui a toujours besoin d’anticiper le pire, même lorsqu’il n’y a aucune raison de s’inquiéter. Il y a donc les autres, et puis, il y a nous. Et bien sûr, nous, c’est différent.
Nous sommes beaucoup plus complexes (dans le déni ? ;p), nuancés et parfaitement cohérents. Enfin c’est ce qu’on aime croire. Car si nous repérons assez facilement les habitudes des autres, nous sommes parfois beaucoup moins perspicaces lorsqu’il s’agit des nôtres.
Pourquoi réagissons-nous comme nous le faisons ? Pourquoi une remarque anodine peut-elle nous gâcher la journée, alors qu’elle glisserait sur quelqu’un d’autre comme de l’eau sur les plumes d’un canard ? Pourquoi certaines situations nous mettent-elles dans tous nos états quand elles laissent notre voisin parfaitement indifférent ? Et surtout, qu’est-ce qui se cache derrière nos façons d’agir ?
Des besoins, des peurs, des désirs, des réflexes bien installés et parfois des motivations dont nous n’avons même pas conscience. C’est précisément là que l’Ennéagramme entre en scène: pour nous inviter à regarder ce qui se joue derrière nos comportements et peut-être découvrir que nous ne nous connaissons pas aussi bien que nous le pensions.
Se connaître, ce n’est pas se définir. C’est s’ouvrir à d’autres possibles. Une liberté de choix intérieur au-delà de nos automatismes
Un peu d’histoire : neuf points, des branches et quelques détours
Le mot Ennéagramme vient du grec ennea (neuf) et gramma (figure ou dessin). Jusque-là, rien de très mystérieux. Son histoire, en revanche, est un peu plus mouvementée. Le symbole à neuf points est notamment diffusé au début du XXe siècle par Georges Gurdjieff, un penseur et enseignant spirituel. À l’époque, il ne s’agit pas encore de décrire neuf personnalités. Il faudra attendre les années 1960 et 1970 pour que le philosophe Oscar Ichazo, puis le psychiatre Claudio Naranjo, développent le modèle des neuf types de personnalité que nous connaissons aujourd’hui.
L’Ennéagramme puise dans différentes traditions philosophiques et spirituelles, mais son histoire documentée est donc bien plus récente que les origines millénaires qu’on lui prête parfois. Depuis, il a trouvé sa place dans les univers du développement personnel, de l’accompagnement et des relations humaines.
Neuf profils et beaucoup plus de nuances
Se connaître, oui. Se coller une étiquette, non. L’intérêt de l’Ennéagramme n’est pas de pouvoir annoncer fièrement à ses collègues ou sa famille : « Nan, mais vous comprenez, moi, je suis un type 7 ! » avant de retourner à sa réunion pro ou perso. Il est ailleurs. Il nous invite à questionner nos automatismes, à reconnaître certaines réactions récurrentes et à envisager d’autres façons d’agir.
L’Ennéagramme propose neuf grandes manières d’appréhender le monde. Neuf façons de chercher sa sécurité, sa place, sa reconnaissance ou son équilibre. Attention, il ne s’agit pas de répartir l’humanité dans neuf petites boîtes bien étiquetées. Nous avons déjà suffisamment de tiroirs dans nos vies. Ce qui intéresse particulièrement l’Ennéagramme, ce n’est pas tant ce que nous faisons, mais ce qui nous pousse à le faire.
Pourquoi cherchons-nous à plaire ? À tout maîtriser ? À éviter les conflits ? À être irréprochables ? Deux personnes peuvent adopter exactement le même comportement pour des raisons profondément différentes. Et c’est là que les choses deviennent passionnantes. Derrière nos attitudes les plus familières se cachent parfois des besoins insoupçonnés, des peurs discrètes, des stratégies de protection ou de vieilles habitudes devenues si naturelles que nous ne les remarquons même plus.
L’Ennéagramme nous invite à soulever le (cerveau ?) capot pour mieux comprendre ce qui nous fait avancer.
Et si vous partiez à votre propre découverte ?
Lire sur l’Ennéagramme est une chose et l’expérimenter, confronter ses perceptions, échanger avec d’autres et observer ses propres mécanismes en est une autre. Chez EMANCIPE, nous vous proposons deux journées pour découvrir les neuf profils, explorer vos motivations profondes et porter un regard neuf sur vous-même et sur vos relations. Une formation accessible à toutes et tous, animée par Julie Jadot, qui alterne apports théoriques, exercices pratiques, jeux de rôle et échanges.



















