Visios du midi : et si le problème n’était pas le format ? Un rendez-vous manqué ou un format à réinventer. Résultats de notre enquête
Vous n’êtes pas là. Et pourtant vous êtes là. C’est peut-être ça, le vrai enseignement. Nous vous avons posé la question. Vous avez répondu. Des dizaines de participants et des dizaines de regards différents sur notre rendez-vous “visio” du midi. Merci. Derrière chaque case cochée, derrière chaque écrit partagé, nous avons senti votre implication, vos réflexions sincères. Des mots qui ont atterri sur notre formulaire, et que nous accueillons. Voici ce que nous avons lu, voici ce que vos réponses nous racontent. Pas toujours au rendez-vous, toutefois présents autrement.
Le format d’une heure ? Ça ne passe pas pour tout le monde.
La majorité d’entre vous trouve le format d’une heure adapté. En réalité, plusieurs voix se font entendre : certains le trouvent trop court, d’autres aimeraient des sessions plus longues et approfondies (1h30 ?), et quelques-uns préfèrent des formats plus courts de 30 à 45 minutes.
En résumé:
- Pour certain·es: trop court (“envie d’aller plus loin”)
- Pour d’autres: encore trop long sur le temps de midi (manger sur le pouce mon lunch du midi, dans la hâte, la précipitation: bof)
- Et pour beaucoup le vrai problème, ce n’est pas la durée c’est le contexte: réunions qui débordent, imprévus professionnels, impossibilité logistique de se connecter à 12h30
Conclusion : ce n’est pas le format qui bloque. C’est le réel dans lequel il s’inscrit.
Le créneau de 12h30 : pertinent pour une partie du public, structurellement inaccessible pour une autre
Environ la moitié d’entre-vous déclarent que le créneau du midi lui convient. L’autre moitié signale soit une incompatibilité liée à son contexte professionnel
Ce que ça dit, c’est que le replay n’est pas un plan B. C’est le plan A pour une grande partie de vos vies. Et nous en parlons dans le point suivant.
Le replay : Le direct n’est plus la norme, il devient une option.
Nombreux sont ceux qui ont répondu franchement : ils savent d’avance qu’ils regarderont en replay. Non par désintérêt, mais parce que c’est ainsi que leur temps fonctionne. En fin de journée. Le week-end. Par morceaux. Et ça, c’est quelque chose que nous devons intégrer plutôt que de vivre comme un échec.
Une répondante a eu cette formule qui nous a touchés : « En direct ou replay, c’est tout aussi bien pour moi. » Et une autre : « Je regarde en fin de journée ou le week-end — je ne peux quasiment jamais me connecter à 12h30. »
La visio n’est plus un moment, un rendez-vous entre nous, entre personnes. C’est un contenu.Le direct devient secondaire. Le replay devient central
Ce que ces visios vous apportent : de la nuance, pas de la recette.
Les bénéfices les plus fréquemment cités sont l’approfondissement d’une réflexion sur un sujet donné, un changement de regard sur certaines situations, et l’envie de poursuivre par une formation.
Beaucoup d’entre vous décrivent un effet subtil mais réel : un autre regard sur une situation, une réflexion qui s’approfondit, un concept qui s’éclaire. Pas une solution clé en main. Une fenêtre.
Plusieurs ont dit vouloir aller plus loin après une session. D’autres ont commandé un livre, cherché une formation.
Conclusion: Ce qui ressort le plus est que ces visios servent de tremplin. Elles ne remplacent pas une formation, elles en donnent envie.
L’interactivité : engagés et silencieux et pourtant il suffirait d’une incitation pour changer la donne
Plusieurs d’entre vous l’ont nommé clairement : vous aimeriez plus d’échanges, plus d’exercices, plus de participation réelle. Certains soulignent qu’ils n’osent pas prendre la parole — timidité, contexte de travail, confidentialité — mais que si on le leur demandait, ils allumeraient leur caméra. D’autres proposent des exercices pratiques intégrés, des espaces de réaction.
Comment créer de l’interactions dans un espace où les conditions ne la permettent pas toujours ? Comment inciter à la prise de parole ? Comment apporte de la confiance, de la confidentialité et de la sécurité dans ces visioconférences ?
Et la question financière ?
Soyons honnêtes : La majorité ne souhaite pas contribuer financièrement à ces sessions. Les raisons invoquées relèvent moins d’un désintérêt que de contraintes structurelles : budgets associatifs limités, logique d’accessibilité, ou sentiment que la gratuité est constitutive du format. Quelques personnes se disent ouvertes à une participation selon les sujets ou dans le cadre d’un parcours (abonnement…)
Le gratuit attire. Le payant peut se justifier s’il transforme, s’il apporte une réelle plus-value testable une fois l’écran refermé.
La suite, on la construit ensemble.
Au fond, cette enquête ne parle pas seulement de visioconférences. Elle parle aussi de votre quotidien :
Manque de temps, des agendas saturés, un désir d’apprendre et un accès flexible à l’apprentissage, des contraintes professionnelles fortes, besoin et recherche de sens
Vous voulez apprendre. Cependant, pas n’importe comment. Et surtout pas n’importe quand. Vous ne semblez pas manquer d’envie ou de motivation. Vous manquez probablement d’espace.
Alors non, nous n’allons pas arrêter. Nous n’allons pas continuer non plus comme avant.
Comment être présent là où vous êtes ? Être présent, ce n’est peut-être plus vous faire venir à un rendez-vous. C’est s’inscrire dans votre réalité.
Nous n’avons pas encore toutes les réponses. Grâce à vous, nous avons de meilleures questions. Par exemple, ce n’est plus seulement: “comment vous faire venir en direct ?” C’est aussi désormais : “comment être présent là où vous êtes déjà ?” Dis autrement, peut-être que la vraie question n’est plus : “Comment vous faire venir ?” mais “Comment venir à vous ?”, dans vos contraintes, dans vos rythmes, dans vos manières d’apprendre.



















